Chronique de Fed Waseige FootMag du 27/10/2021
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Roger CHARLES
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Chronique de Fed Waseige FootMag du 27/10/2021
Je vais vous narrer une époque où la valeur du labeur se nommait Europe. On ne va pas parler politique ni de cette illusion en forme de mirage pour crédules appelée Union européenne. Non, on va parler foot et Coupe d'Europe. À mon époque, pas si lointaine en fait, jouer l'Europe était une récompense. On ne pensait qu'à ça. Se remplir la panse du festin européen. Une saison à se battre pour battre les autres et se qualifier. Finir dans le top 3 pour jouer le mercredi. Pour être sur le terrain pendant que 90% de nos collègues nous regardaient en bavant d'envie d'être à notre place. Ces rendez-vous européens étaient le nectar de nos vies de joueurs de foot.
On voyageait, on allait dans d'autres pays. Voire sur d'autres planètes, style l'Islande. Parfois, le tirage provoquait le grattage de méninges: "Putain, on va aller jouer à Benfica, à la Juve, à Brême." Nous les p'tits Liégeois. Du RFCL, hein. On devenait les rois du monde. On était fiers. On jouait à chaque fois les matches de notre vie. Et comme qui dit Liégeois, dit "rien d'impossible", on faisait de nos rêves des réalités. On battait les grands. Devenus gros le temps de nonante minutes à force de se goinfrer de leur suffisance. Les 35.000 autres Liégeois dans les tribunes vivaient une parenthèse enchantée. Tellement qu'ils s'en déchiraient la gorge à nous gueuler leur amour. Ou encore envahissaient un aéroport pour nous accueillir après une qualif' chez un ténor européen. Avec la fanfare. Une autre époque. Des moments de suspension avec un point d'exclamation à la fin. Putain, que c'était bon!
Cette compète est une trottinette alors que nous, tous les week-ends, on roule en Moto GP en Premier League.
C'était au temps où qui disait Coupe d'Europe, disait qu'on passait à la TV. Un temps où le championnat belge en direct live dans le poste, c'était rare. Maintenant, tout est vu. Tout le temps. La rareté est devenue banalité. Maintenant, je ne joue plus, je parle à propos de ceux qui jouent. Et ma foi en prend une cirrhose.
L'illustration de ma dépression prend les traits grossis à la loupe spuresque de Tottenham. Deux matches de Conference League. À Rennes et à Vitesse Arnhem. Une honte. Un traînage de pantoufles en peignoir. Une tentation de ne plus appeler notre sport favori un jeu. De ne plus parler de joueurs. Ce sont des employés. Qui n'aiment pas leur boulot. Ils sont poisseux. Sans souffle. Gangrenés par l'auto-suffisance des nantis. La Conference League? "Rien à foutre." Mais bordel, t'as 500 supporters en tribunes qui se tapent Londres-Arnhem. Réveille-toi!
Faut dire que le message envoyé par leur coach était clair: "Cette compète est une trottinette alors que nous, tous les week-ends, on roule en Moto GP en Premier League." Les onze joueurs qui avaient débuté le match à Newcastle quatre jours plus tôt ne sont pas là. Même pas sur le banc. Restés à Londres. Ce qui se fait de mieux ne fera pas d'envieux. Même sur le terrain, les fantômes de Tottenham ont disparu, sans jamais être apparus dans cette soirée batave. Exemple avec Dele Alli. Alli, allô? Tu rentres du boulot? Boulot est le mot. Ce gamin jadis flamboyant est devenu une caricature. Il se traîne. Au mieux, il trottine. On dirait Paul Pogba "le trottineur des Lilas" qui poinçonne sur le banc lors du come-back flamboyant de Manchester United contre l'Atalanta. Une de ces soirées uniques qui collent aux gènes des grands clubs. Pour qui Coupe d'Europe veut encore dire exception et qui achètent des joueurs du même qualificatif pour ça. Style Ronaldo, qui traîne à prendre sa pension. Tant mieux, lui ne se traîne jamais sur un terrain. Il s'entraîne puis entraîne ses coéquipiers sur le chemin de la victoire. Il a ça en lui. C'est pour ça qu'on l'a en nous.
On voyageait, on allait dans d'autres pays. Voire sur d'autres planètes, style l'Islande. Parfois, le tirage provoquait le grattage de méninges: "Putain, on va aller jouer à Benfica, à la Juve, à Brême." Nous les p'tits Liégeois. Du RFCL, hein. On devenait les rois du monde. On était fiers. On jouait à chaque fois les matches de notre vie. Et comme qui dit Liégeois, dit "rien d'impossible", on faisait de nos rêves des réalités. On battait les grands. Devenus gros le temps de nonante minutes à force de se goinfrer de leur suffisance. Les 35.000 autres Liégeois dans les tribunes vivaient une parenthèse enchantée. Tellement qu'ils s'en déchiraient la gorge à nous gueuler leur amour. Ou encore envahissaient un aéroport pour nous accueillir après une qualif' chez un ténor européen. Avec la fanfare. Une autre époque. Des moments de suspension avec un point d'exclamation à la fin. Putain, que c'était bon!
Cette compète est une trottinette alors que nous, tous les week-ends, on roule en Moto GP en Premier League.
C'était au temps où qui disait Coupe d'Europe, disait qu'on passait à la TV. Un temps où le championnat belge en direct live dans le poste, c'était rare. Maintenant, tout est vu. Tout le temps. La rareté est devenue banalité. Maintenant, je ne joue plus, je parle à propos de ceux qui jouent. Et ma foi en prend une cirrhose.
L'illustration de ma dépression prend les traits grossis à la loupe spuresque de Tottenham. Deux matches de Conference League. À Rennes et à Vitesse Arnhem. Une honte. Un traînage de pantoufles en peignoir. Une tentation de ne plus appeler notre sport favori un jeu. De ne plus parler de joueurs. Ce sont des employés. Qui n'aiment pas leur boulot. Ils sont poisseux. Sans souffle. Gangrenés par l'auto-suffisance des nantis. La Conference League? "Rien à foutre." Mais bordel, t'as 500 supporters en tribunes qui se tapent Londres-Arnhem. Réveille-toi!
Faut dire que le message envoyé par leur coach était clair: "Cette compète est une trottinette alors que nous, tous les week-ends, on roule en Moto GP en Premier League." Les onze joueurs qui avaient débuté le match à Newcastle quatre jours plus tôt ne sont pas là. Même pas sur le banc. Restés à Londres. Ce qui se fait de mieux ne fera pas d'envieux. Même sur le terrain, les fantômes de Tottenham ont disparu, sans jamais être apparus dans cette soirée batave. Exemple avec Dele Alli. Alli, allô? Tu rentres du boulot? Boulot est le mot. Ce gamin jadis flamboyant est devenu une caricature. Il se traîne. Au mieux, il trottine. On dirait Paul Pogba "le trottineur des Lilas" qui poinçonne sur le banc lors du come-back flamboyant de Manchester United contre l'Atalanta. Une de ces soirées uniques qui collent aux gènes des grands clubs. Pour qui Coupe d'Europe veut encore dire exception et qui achètent des joueurs du même qualificatif pour ça. Style Ronaldo, qui traîne à prendre sa pension. Tant mieux, lui ne se traîne jamais sur un terrain. Il s'entraîne puis entraîne ses coéquipiers sur le chemin de la victoire. Il a ça en lui. C'est pour ça qu'on l'a en nous.
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PGO
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Re: Chronique de Fed Waseige FootMag du 27/10/2021
Fameux !
Tant le fond que la forme 
Le FC Liège, c'est à Rocourt et nulle part ailleursÉric Vandebon a écrit :C'est surtout palpable quand on attaque dans le sens de la nouvelle tribune debout, on ressent une attraction. Cela fait plaisir et les supporters en redemandent.
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Jeanmi
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Re: Chronique de Fed Waseige FootMag du 27/10/2021
Magnifique, je plussoie à 200% 
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Air Jipé
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Re: Chronique de Fed Waseige FootMag du 27/10/2021
Du grand Frédéric.

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jps
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Re: Chronique de Fed Waseige FootMag du 27/10/2021
c’est cru , mais c’est bon
jps Le "Liègionnaire""Buvez du Lait"
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Air Jipé
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pitoux
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Régis Sibille
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Re: Chronique de Fed Waseige FootMag du 27/10/2021
Si vrais. Merci
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Charles Rasir
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Re: Chronique de Fed Waseige FootMag du 27/10/2021
Roger CHARLES a écrit : ↑28 oct. 2021, 12:53Je vais vous narrer une époque où la valeur du labeur se nommait Europe. On ne va pas parler politique ni de cette illusion en forme de mirage pour crédules appelée Union européenne. Non, on va parler foot et Coupe d'Europe. À mon époque, pas si lointaine en fait, jouer l'Europe était une récompense. On ne pensait qu'à ça. Se remplir la panse du festin européen. Une saison à se battre pour battre les autres et se qualifier. Finir dans le top 3 pour jouer le mercredi. Pour être sur le terrain pendant que 90% de nos collègues nous regardaient en bavant d'envie d'être à notre place. Ces rendez-vous européens étaient le nectar de nos vies de joueurs de foot.
On voyageait, on allait dans d'autres pays. Voire sur d'autres planètes, style l'Islande. Parfois, le tirage provoquait le grattage de méninges: "Putain, on va aller jouer à Benfica, à la Juve, à Brême." Nous les p'tits Liégeois. Du RFCL, hein. On devenait les rois du monde. On était fiers. On jouait à chaque fois les matches de notre vie. Et comme qui dit Liégeois, dit "rien d'impossible", on faisait de nos rêves des réalités. On battait les grands. Devenus gros le temps de nonante minutes à force de se goinfrer de leur suffisance. Les 35.000 autres Liégeois dans les tribunes vivaient une parenthèse enchantée. Tellement qu'ils s'en déchiraient la gorge à nous gueuler leur amour. Ou encore envahissaient un aéroport pour nous accueillir après une qualif' chez un ténor européen. Avec la fanfare. Une autre époque. Des moments de suspension avec un point d'exclamation à la fin. Putain, que c'était bon!
Cette compète est une trottinette alors que nous, tous les week-ends, on roule en Moto GP en Premier League.
C'était au temps où qui disait Coupe d'Europe, disait qu'on passait à la TV. Un temps où le championnat belge en direct live dans le poste, c'était rare. Maintenant, tout est vu. Tout le temps. La rareté est devenue banalité. Maintenant, je ne joue plus, je parle à propos de ceux qui jouent. Et ma foi en prend une cirrhose.
L'illustration de ma dépression prend les traits grossis à la loupe spuresque de Tottenham. Deux matches de Conference League. À Rennes et à Vitesse Arnhem. Une honte. Un traînage de pantoufles en peignoir. Une tentation de ne plus appeler notre sport favori un jeu. De ne plus parler de joueurs. Ce sont des employés. Qui n'aiment pas leur boulot. Ils sont poisseux. Sans souffle. Gangrenés par l'auto-suffisance des nantis. La Conference League? "Rien à foutre." Mais bordel, t'as 500 supporters en tribunes qui se tapent Londres-Arnhem. Réveille-toi!
Faut dire que le message envoyé par leur coach était clair: "Cette compète est une trottinette alors que nous, tous les week-ends, on roule en Moto GP en Premier League." Les onze joueurs qui avaient débuté le match à Newcastle quatre jours plus tôt ne sont pas là. Même pas sur le banc. Restés à Londres. Ce qui se fait de mieux ne fera pas d'envieux. Même sur le terrain, les fantômes de Tottenham ont disparu, sans jamais être apparus dans cette soirée batave. Exemple avec Dele Alli. Alli, allô? Tu rentres du boulot? Boulot est le mot. Ce gamin jadis flamboyant est devenu une caricature. Il se traîne. Au mieux, il trottine. On dirait Paul Pogba "le trottineur des Lilas" qui poinçonne sur le banc lors du come-back flamboyant de Manchester United contre l'Atalanta. Une de ces soirées uniques qui collent aux gènes des grands clubs. Pour qui Coupe d'Europe veut encore dire exception et qui achètent des joueurs du même qualificatif pour ça. Style Ronaldo, qui traîne à prendre sa pension. Tant mieux, lui ne se traîne jamais sur un terrain. Il s'entraîne puis entraîne ses coéquipiers sur le chemin de la victoire. Il a ça en lui. C'est pour ça qu'on l'a en nous.
BRAVO FRED. SUPER! Et merci pour les valeurs que tu défends!
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TOS
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Re: Chronique de Fed Waseige FootMag du 27/10/2021
OK mais en même temps il participe activement au "modern football" qui sature nos écrans et ne laisse plus de place à autre chose qu'aux cadors... J'aime vraiment son boulot, c'est un des meilleurs chroniqueurs/commentateurs de Belgique mais pour avoir lu son bouquin pendant l'été, j'avoue que j'ai assez vite saturé, il tourne un peu en rond - à ne pas lire d'une traite en tous cas...

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